Train bleu longeant la côte sur le col de Hai Van, entre Hué et Da Nang

Slow travel : pourquoi un seul long voyage vaut mieux que trois courts

Rédigé par Denis

09/10/2026

Un aller-retour Paris-Hanoï représente environ 3,25 tonnes de CO2 équivalent par personne, d’après le calculateur officiel de l’ADEME. Ce chiffre ne dépend ni de la durée du séjour ni de ce que vous faites sur place : il est payé au décollage. Partir une fois trois semaines plutôt que trois fois une semaine divise donc l’empreinte par trois, pour le même nombre de jours sur place. C’est tout le raisonnement du slow travel.

L’essentiel

  • L’ADEME retient 178 g de CO2 équivalent par kilomètre et par passager sur un vol long-courrier, traînées de condensation comprises.
  • Le calculateur de l’État chargé de l’aviation civile, lui, ne compte qu’environ 1 % d’effets hors CO2 : deux outils publics, deux résultats.
  • Au Vietnam, la ligne ferroviaire du nord au sud fait 1 726 km et une quinzaine de trains y circulent chaque jour.
  • Une couchette molle Hanoï-Saïgon s’affiche autour de 1 758 000 dongs, environ 60 euros pour 33 heures de trajet.

Le vol long-courrier est le poste qui écrase tous les autres dans un voyage lointain. Une fois qu’il est décidé, la seule variable qui reste entre vos mains est le temps passé sur place et la façon de s’y déplacer. Regardons les chiffres, puis ce que cela change concrètement, avec le Vietnam comme exemple.

Ce que pèse vraiment un aller-retour long-courrier

L’ADEME publie un facteur d’émission de 178 g de CO2 équivalent par kilomètre et par passager pour un vol long-courrier, au-delà de 5 000 km. Sur ces 178 g, près de 80 g viennent des traînées de condensation.

Paris-Hanoï représente environ 9 160 km en vol direct. Le calculateur de l’ADEME donne 1 626 kg de CO2 équivalent pour l’aller simple, soit 3,25 tonnes pour l’aller-retour. À titre de comparaison, le même outil retient 2,93 g par kilomètre pour un trajet en TGV.

Deux calculateurs publics, deux résultats

L’éco-calculateur de l’aviation civile, outil officiel de l’État, affiche des valeurs bien plus basses. Il ne retient qu’environ 1 % d’effets hors CO2, soit 10 kg pour 1 000 kg de CO2 émis en vol. L’ADEME, elle, chiffre les traînées à 80 g sur les 178 g de son facteur d’émission.

La différence ne vient pas d’une erreur mais du périmètre retenu. Savoir lequel on lit évite de comparer deux chiffres qui ne mesurent pas la même chose.

Le raisonnement, en chiffres

Trois voyages lointains dans l’année, ce sont trois fois 3,25 tonnes. Un seul voyage de trois semaines, c’est une fois, pour le même nombre de jours sur place.

Le séjour moyen des visiteurs internationaux au Vietnam ressortait à 9,27 jours dans une enquête de l’administration nationale du tourisme menée en 2017. Sur un pays long de 1 700 kilomètres, c’est le format qui oblige à reprendre l’avion à l’intérieur.

Rallonger un séjour coûte peu : l’hébergement et les repas sur place pèsent bien moins lourd que le billet d’avion, qui est un coût fixe. C’est vrai pour le budget comme pour l’empreinte.

Sur place, le train remplace l’avion intérieur

La ligne ferroviaire nord-sud vietnamienne, dite de la Réunification, relie Hanoï à Hô Chi Minh-Ville sur 1 726 km, avec une quinzaine de trains par jour. Le SE1 part de Hanoï à 20 h 50 et arrive à Saïgon le surlendemain à 5 h 45, soit environ 33 heures.

Une couchette molle s’affiche autour de 1 758 000 dongs, environ 60 euros, un tarif qui varie selon le train, la saison et la voiture. La réservation se fait sur dsvn.vn, le site de la compagnie nationale. Pour rejoindre Sapa, le train de nuit couvre les 296 km jusqu’à Lao Cai en 7 h 40 environ, pour 460 000 dongs la couchette.

Train bleu longeant la côte sur le col de Hai Van, entre Hué et Da Nang
Un train sur le col de Hai Van, entre Hué et Da Nang

Une nuit de train remplace un vol intérieur et une nuit d’hôtel. Le trajet paraît long sur le papier ; en pratique, il remplace une journée perdue en transferts d’aéroport.

Dormir chez l’habitant, avec un cadre officiel

Le homestay n’est pas une pratique informelle au Vietnam. Une norme nationale, la TCVN 7800:2017, publiée par une décision du 29 décembre 2017, encadre les maisons d’habitation qui louent des chambres aux voyageurs.

Elle fixe des exigences de confort et de sécurité propres à ce type d’hébergement, distinct de l’hôtellerie classée. Le classement par étoiles, lui, ne s’applique pas aux homestays.

Village de maisons sur pilotis aux toits de tuiles, dans une vallée du nord du Vietnam
Un village de maisons sur pilotis, dans le nord du pays

Ce que financent les droits d’entrée

Visiter la baie d’Halong coûte 250 000 dongs par personne pour les itinéraires 1, 2 et 5, et 200 000 pour les itinéraires 3 et 4. Avec nuit à bord, le droit dépend de l’itinéraire : 550 000 dongs pour une nuit sur l’itinéraire 2 et 750 000 pour deux nuits, contre 500 000 et 650 000 sur les itinéraires 3 et 4.

Ces montants sont fixés par un arrêté du comité populaire de la province de Quang Ninh, pas par les compagnies de bateaux. C’est la différence entre une redevance publique affectée à un site protégé et un supplément commercial.

Rester plus longtemps, dépenser autrement

Le slow travel ne consiste pas à renoncer au voyage lointain, mais à en faire moins souvent et plus longtemps, en privilégiant le train et l’hébergement chez l’habitant.

Pour bâtir un voyage sur mesure au Vietnam sur trois semaines, mieux vaut une équipe installée là-bas : Voyage Sur Mesure Vietnam, basée à Hanoï, peut caler les trajets sur les trains de nuit plutôt que sur les vols intérieurs.

Choisir qui organise un long séjour

Un voyage de trois semaines demande un enchaînement d’étapes cohérent, sinon il tourne à la course. Or les agences ne travaillent pas toutes pareil : certaines vendent des circuits figés, d’autres construisent l’itinéraire avec vous.

La différence se lit avant le devis, dans ce que chaque agence accepte d’écrire publiquement. Un classement des agences de voyage au Vietnam compare six d’entre elles sur ce seul matériau : prix affichés, coût d’une modification, prestations promises une fois sur place.

Questions fréquentes sur le slow travel

Combien de CO2 émet un aller-retour Paris-Hanoï ?

Environ 3,25 tonnes par personne selon le calculateur de l’ADEME, traînées de condensation comprises. L’agence retient 178 g de CO2 équivalent par kilomètre et par passager sur un vol long-courrier, dont près de 80 g pour les seules traînées. Le trajet fait environ 9 160 kilomètres.

Pourquoi deux calculateurs officiels donnent-ils des résultats différents ?

Parce qu’ils ne mesurent pas la même chose. L’éco-calculateur de l’aviation civile ne retient qu’environ 1 % d’effets hors CO2, quand l’ADEME chiffre les traînées à 80 g sur les 178 g de son facteur. Savoir lequel on lit évite de comparer deux chiffres incomparables.

Le train est-il une vraie alternative au Vietnam ?

Sur l’axe nord-sud, oui. Une quinzaine de trains circulent chaque jour sur les 1 726 km de la ligne de la Réunification, et le SE1 relie Hanoï à Saïgon en environ 33 heures. Une couchette molle s’affiche autour de 60 euros, réservable sur dsvn.vn.

Rester plus longtemps coûte-t-il beaucoup plus cher ?

Non, parce que le billet d’avion est un coût fixe. Une fois payé, chaque journée supplémentaire ne coûte que l’hébergement, les repas et les transports locaux, nettement moins chers qu’en France. C’est vrai pour le budget comme pour l’empreinte carbone.

Le homestay est-il encadré au Vietnam ?

Oui, par une norme nationale, la TCVN 7800:2017, publiée par une décision du 29 décembre 2017. Elle fixe des exigences de confort et de sécurité propres aux maisons d’habitation qui louent des chambres. Le classement par étoiles, lui, ne s’applique pas à ces hébergements.

À quoi servent les droits d’entrée de la baie d’Halong ?

Ce sont des redevances publiques, fixées par arrêté du comité populaire de Quang Ninh et non par les compagnies de bateaux. Elles vont de 200 000 à 250 000 dongs par personne selon l’itinéraire, et montent avec une nuit à bord. La différence avec un supplément commercial est réelle.

Philippe C. militant écologiste au passé industriel, autant attiré par la nature que par les chiffres, je vois ces derniers dans tout ce qui nous entoure et aime à partager cette façon de vivre la vie.